Ep. 4 - Hervé Bruneau de Live Show Factory
Dans ce 4ème épisode, Hervé Bruneau, fondateur de Live Show Factory, partage son expertise sur l'impact des spectacles vivants dans les parcs de loisirs.
Ces expériences immersives ne se contentent pas de divertir : elles transforment le parcours visiteur en créant une véritable connexion émotionnelle.
Ce que vous découvrirez dans cet épisode :
Le storytelling : Comment l'art de raconter des histoires enrichit l'expérience du visiteur et lui laisse un souvenir mémorable.
La gestion des flux : Les stratégies efficaces pour utiliser les spectacles comme levier de gestion des flux et améliorer l'expérience globale.
La satisfaction visiteur : Pourquoi l'émotion joue un rôle clé dans la fidélisation des visiteurs et l'augmentation de leur satisfaction.
Si vous êtes à la recherche d'idées pour dynamiser l’expérience de vos visiteurs et vous démarquer, cet épisode vous offre des clés précieuses et des retours d'expérience concrets.
Pour en savoir plus sur Live Show Factory, c'est par là : https://liveshowfactory.com/
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🙋🏽♀️ Un grand merci à Clément Duparc de Tribus Echoes Production pour la création unique de notre identité musicale : https://tribusechoesproduction.com/
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Transcript
Visiteur 360, les coulisses de l'émotion. Bonjour nous sommes Pauline et Mirabelle co-fondatrices de Line de Mir, un duo d'expertes en marketing et communication dédié au secteur du loisir et de la culture.
Vous écoutez le podcast Visiteur 360, les coulisses de l'émotion. Et ici, nous partageons avec nos invités deux passions.
La passion du secteur où l'émotion est au centre de tout.
Mais aussi celle de ses coulisses, pour rendre l'expérience visiteur inoubliable, aussi bien avant, pendant qu'après la visite.
Vous êtes prêts ? C'est parti !
Mirabelle - Le spectacle vivant, c'est une forme d'art qui implique une performance réalisée en direct devant un public. Il offre une expérience unique et éphémère à chaque représentation. L'essence de cette activité réside dans la présence physique des artistes et la puissance émotionnelle que le live permet de transmettre avec le public, créant ainsi une interaction émotionnelle et une atmosphère unique.
Pauline - En mai dernier, nous avons assisté au show présenté aux membres du SNELAC lors des rencontres annuelles qui se tenaient cette année au Parc Astérix. La comédie musicale, C'est du délire. Assise l'une à côté de l'autre avec Mira, comme souvent, on a été happées par l'énergie et tous les talents qu'il fallait mettre en œuvre pour rendre le show mémorable. Et les pros du marketing que nous sommes, se sont rappelés à quel point un spectacle vivant au sein d'un site de loisirs ou culturel pouvait apporter une vraie valeur à l'expérience visiteur. Pas de fil d'attente, pas de problème de taille, mais pour autant, beaucoup d'émotions, d'émerveillement pour petits et grands. C'est ce qui nous a fait contacter notre invité du jour dans ce quatrième épisode, Hervé Bruneau, fondateur et producteur exécutif de Live Show Factory, qui nous en dit plus sur la place que prend le spectacle dans l'expérience visiteur et les émotions vécues. Bienvenue Hervé.
Hervé - Bonjour Pauline. Bonjour Mirabelle.
Mirabelle - Merci d'avoir accepté l'invitation, surtout qu'en ce moment, on te voit partout. Tu es devenu la personne bankable du secteur. Alors, on est ravies de te recevoir sur le podcast pour partager ta passion et puis ton regard sur l'industrie avec cette dimension spectacles vivants. Avant d'aborder tout ça, on aime bien commencer par un sujet un peu plus personnel pour notre invité. Et on aimerait que tu nous partages une expérience dans un site touristique que tu as vécu en tant que visiteur ou spectateur, et qui t'a particulièrement ému, qui t'a fait vivre une émotion peut-être plus forte que dans d'autres lieux que tu as visités.
Hervé - C'est toujours délicat de partager les moments dont tu te rappelles le plus. Je vais faire un gros flashback. La première fois où je suis allé à New York, et en particulier à Broadway, c'était au début des années 2010. Et j'en avais profité pour forcément faire des comédies musicales, déjà à l'époque. Je crois que j'avais été voir, enfin c'est pas je crois, je suis sûr, j'ai été voir Le Roi Lion. Et c'était la première fois où je voyais sur scène, à Broadway, une comédie musicale. On avait forcément toute cette magie du spectacle. qui t'emmène dans un autre univers. Et je me rappelle encore de l'escalier qui sort de la scène complètement pour la scène mythique du Roi Lion qu'on avait à l'époque, pas encore dans toutes les salles, mais qu'on retrouve maintenant de plus en plus. Franchement, moi, je trouve que c'était un moment unique où après, ça correspond à une émotion particulière. Première fois que j'allais à New York, première fois que je voyais une comédie musicale, mais le tout associé fait que c'est un moment mémorable pour moi et c'est ce côté mémorable et unique. que j'essaie de proposer aux gens. Si j'arrive à avoir ça dans les yeux d'un enfant, c'est déjà gagné.
Mirabelle - C'est vrai que le Roi Lion, c'est une sacrée comédie musicale. L'escalier, c'est clair que c'est assez impressionnant, mais je trouve les costumes complètement fous sur cette comédie musicale. C'est vrai que je suis une grosse fan du dessin animé, de l'histoire du Roi Lion. De toute façon, c'est top.
Hervé - Le travail de marionnette est assez impressionnant aussi. Ça donne vie à des animaux sur scène, c'est assez fou.
Mirabelle- Je suis d'accord que l'émotion avec cette comédie musicale, elle est grandiose. Et bien sûr, comme vous en doutez, Pauline n'a pas vu le spectacle.
Pauline - Encore un spectacle et encore un site que vous citez, pour lequel je ne suis pas allée voir encore. J'ai encore du boulot pour investiguer sur tout ce secteur culturel. mais merci de le partager parce que ça donne encore plus envie d'y aller. J'avoue que le Roi Lion, c'est un des tops spectacles que j'adorerais voir. Moi, je voulais revenir un petit peu sur l'aventure de l'entrepreneuriat. Tu nous as confié, tu t'étais lancé récemment dans cette aventure-là avec du coup, Live Show Factory. Et déjà, ça marche très fort pour toi. Donc, félicitations, tu as plein de projets qui se bouclent. Et donc, déjà, bravo. On sait, Mira et moi, combien l'entrepreneuriat, c'est une aventure qui peut être à la fois risquée, mais aussi hyper stimulante. Et on voit que ça bouge pour toi, donc c'est un mélange de défis et de passions aussi. Et on est là aussi pour partager cette passion-là. Et donc, avant de produire des spectacles qui marquent les publics cibles, comment tout a commencé pour toi ? Est-ce que tu peux nous raconter comment ton parcours s'est fait ? Ce qui t'a conduit vers le spectacle vivant et les loisirs, par exemple ?
Hervé - On est d'accord qu'on a 30 minutes, donc il faut que je sois concis, les filles. C'est bien ça. À la base, moi, j'ai fait des études de tourisme. En vrai, c'est toujours compliqué de trouver sa voie au départ. Je savais surtout ce que je ne voulais pas faire. Je ne voulais pas travailler dans tout le secteur primaire, tout le secteur secondaire, mais je savais que j'aimais l'échange avec les gens, les langues étrangères, côtoyer des équipes. Et assez rapidement, je me suis dirigée vers le tourisme et on a tous des stages au fur et à mesure. Mon stage de Master 1, c'était le Futuroscope. C'était déjà une chance et un beau pied à l'étrier.
Pauline - Déjà un pied dedans là.
Hervé - Exactement. J'ai fini mes études, j'ai fait un Master 2 ailleurs et en fait, j'ai été rappelé par le Futuroscope pour pouvoir intégrer les équipes. J'ai commencé là-bas en chargé de production pendant trois ans. Je suis passé ensuite chef de projet de nouveau pendant trois ans. Et après, j'ai fait responsable de service. Et donc, au total, ça m'a fait déjà une première grosse expérience dans le spectacle vivant de dix ans, dans un parc d'attractions où j'ai beaucoup appris. Et au bout de dix ans, j'avais envie de voir autre chose et je suis arrivé à la scène musicale. La Seine musicale, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un complexe de salles de spectacle. qui existe à Boulogne sur l'île Seguin, qui a ouvert en 2017. Grosse année à la scène musicale et à peine je suis arrivé là-bas, il y a le parc Astérix qui est venu toquer à ma porte. Pour la petite histoire, le Futuroscope et le parc Astérix appartiennent tous les deux à la Compagnie des Alpes et mon ancien responsable du Futuroscope était passé au parc Astérix. Une place s'était libérée au spectacle et il a voulu me récupérer. Il m'a dit, si c'est pour toi, vas-y, viens. Mais moi, en fait, j'attendais ça depuis longtemps. Donc, je me suis dit, non, mais écoutez-moi, je suis obligé de sortir du groupe pour que vous reveniez me chercher. Bref, après avoir dit non une première fois, j'ai dit oui une deuxième fois. Je me suis retrouvé à la direction des spectacles du parc Astérix. C'était une vraie belle aventure parce que la différence avec tout mon parcours, c'est qu'il a vraiment fallu produire les spectacles, à savoir faire des choix artistiques et les assumer en interne en réalisant des spectacles. en interne, là où avant, au Futuroscope, on les achetait en externe. En gros, ça fait toujours hyper bizarre quand on me dit Mais sinon, en musique, on met quoi ? Et en lumière, tu veux quoi ? Mais t'es sûr de toi ? Est-ce qu'on va bien dans cette direction ? Et quand t'arrives à 32 ans, assumer ça sur un gros parc, au début, t'es moyen serein quand même. En tout cas, moi, j'ai eu des petits moments de doute. J'ai vécu cette expérience pendant 6 ans avec des constructions que je trouve majeures. Les Plongeons de l'Olympe, un spectacle en extérieur avec le renouvellement et le changement du Delphinarium qui était à l'époque un des spectacles les plus importants. La parade, la construction du défilé gaulois de A à Z avec tous les chars, la musique originale, toute la sonorisation des allées, la construction des costumes, le développement du produit Halloween, des speakeasy, des dîners-spectacles et bien sûr la dernière comédie musicale. Après avoir vécu tout ça, Se dire qu'il y aurait moins de construction de spectacles, moins de développement de projets et beaucoup plus d'opérationnel, moi j'avais envie de continuer à développer des projets, je me suis spécialisé là-dedans. C'est comme ça qu'est née l'aventure de l'entrepreneuriat. Je vous avoue que j'étais terrorisé, je le suis toujours un peu chaque jour en me disant est-ce que ça va marcher ? Je pense qu'on connaît tous cette peur. J'espère que ça va marcher. Pour l'instant, effectivement, j'ai plutôt des bonnes touches et je suis très content. Ça démarre bien, mais la difficulté c'est de l'inscrire dans la durée. d'avoir des partenaires qui te font confiance et de toujours donner envie aux gens de travailler avec toi.
Pauline- Il y avait plein de choses intéressantes, mais la pérennisation aussi de l'activité quand on est entrepreneur, les risques qu'on prend, au-delà de la confiance qu'on doit avoir en soi-même, il y a aussi les rencontres que tu fais et puis ton expérience qui te sert aussi pour aller plus loin. Et puis évidemment, la maturité fait que les décisions que tu prends, il faut les assumer de bout en bout. Et je pense que l'entrepreneuriat est un très bon exercice pour se faire confiance.
Hervé - Oui, obligé. Et surtout, j'ai trois secteurs d'activité dans ma société. Il y a une partie, c'est les spectacles dans les parcs. Et je pensais vraiment, avec l'expérience que j'avais, que c'était là que j'allais travailler plus. finalement, j'ai une expérience, c'est vraiment, enfin, une partie, c'est les spectacles vivants, mais vraiment dans les productions parisiennes avec lesquelles je travaille beaucoup et finalement, c'est là où je travaille le plus. Alors que dans un parc d'attractions, je me disais peut-être qu'on va moins me solliciter pour ça. Finalement, mon expérience a du crédit dans ce domaine et j'en suis honnêtement hyper fier. Et après, il y a un dernier secteur qui se développe aussi, qui est... Le fait d'avoir une casquette de chef de projet et de faire une direction artistique sur le développement de décors, comme dans les Escape Games, par exemple, ou dans les parcs indoor. Et franchement, ça marche assez bien aussi. C'est assez valorisant de pouvoir monter son équipe avec des peintres, des accessoristes, des décorateurs et réussir à avoir un résultat de qualité. C'est une des fiertés aussi.
Mirabelle - Et puis là, quand tu parles des parcs de loisirs, je trouve qu'entre le Futuroscope, le parc Astérix, déjà, ça reste quand même aussi une... une audience qui est différente, donc des expériences riches et diversifiées, notamment dans les attentes des visiteurs, et c'est peut-être ça aussi qui fait que maintenant, t'es d'autant plus polyvalent dans ton projet avec Live Show Factory.
Hervé- Effectivement, c'est pas la même chose de construire un spectacle pour un Futuroscope ou pour un Parc Astérix. Parc Astérix, t'es quand même obligé de t'inscrire dans un ADN gaulois, entre guillemets, de l'emmener dans cet univers, et pour l'avoir fait pendant 6 ans, j'avais vraiment cette appréhension de me dire Est-ce que quand je vais sortir de cet univers, je vais réussir à créer dans d'autres ? Et quand j'ai eu mon tout premier dossier qui était chez Chaplin's World, aussi groupe CDA, j'étais très content de voir que la première proposition que je leur ai faite leur plaisait alors que c'était un univers complètement différent.
Mirabelle - C'est une transition parfaite pour ma question d'après parce que justement, je voulais qu'on parle un peu plus des coulisses de ton métier. Tu vois, justement, quand on a assisté à la comédie musicale C'est du délire, en tant que spectateur, tout paraît... super fluide, facile et aussi magique. On imagine bien que derrière cette magie, il se cache beaucoup de travail et de préparation. Mais en amont même de cette préparation, quand tu développes un spectacle, quand tu as une idée, quelles sont les étapes clés pour transformer cette idée en une expérience mémorable ?
Hervé - En fait, la plupart des gens se disent qu'un spectacle, il n'y a pas de recette, ça se construit et on ne sait jamais quel va être le rendu. Il y a à la fois une part de vérité et une part qui quand même se cadre. Il y a toujours un process pour développer un spectacle, mais par contre, effectivement, il n'y a pas de potion magique pour que ça marche à chaque fois. Je suis quand même une méthodologie avec des étapes clés. Dans ces étapes clés, il y a toujours déjà le cadrage. Forcément, le cadrage, c'est qu'est-ce que veut le client, qu'est-ce que va être son cahier des charges, quel va être le format, la durée, bref, qu'est-ce qu'il veut. Et après, tu as toute la proposition artistique qui va définir le projet. J'y reviendrai juste après, mais vraiment tout part de l'histoire. C'est d'abord on construit l'histoire et après on voit comment on la déploie et comment on la met en œuvre. C'est pour ça que c'est toujours hyper difficile de répondre à un parc d'attractions en disant, avant même d'avoir commencé le projet, combien ça coûte. Et c'est toujours très délicat de faire une enveloppe au pied levé en se disant mon projet va s'inscrire là-dedans. En vrai, ton histoire va faire qu'il y aura derrière des moyens techniques nécessaires pour pouvoir le développer. Et en fait, c'est dans cette phase qui suit la proposition artistique qui s'appelle la pré-production où tu vérifies ton budget et ton planning au regard de ta proposition artistique. Une fois que tu es d'accord, tu fais tous tes devis et tout ton budget, tu passes à ce qu'on appelle la production exécutive, tu le fais véritablement et tu développes l'ensemble. Et après, tu finis avec répétition et exploitation. Mais vraiment, si on doit retenir une chose... Et je pense que c'est Thierry Rétif à une de ses conférences qui le disait aussi, il y a un élément clé, c'est l'histoire, le storytelling qui définit le projet. Et c'est par rapport à ça qu'on sait si la proposition est bonne, et c'est ça qui définit l'intégralité du projet.
Pauline - Thierry Rétif, qu'on ne présente plus mais qu'on va quand même vous présenter, est un nom bien connu dans le secteur des loisirs. C'est un acteur majeur de la conception de spectacles, d'architecture d'hôtels et de scénographie d'attractions. Parmi eux, le jardin d'acclimatation, le Puy du Fou, le parc Astérix ou encore le parc Le Pal. Et au cœur de chacun de ces projets se retrouve toujours, toujours l'immersion et l'émotion partagée pour les visiteurs.
Hervé - Et après, moi j'aime bien ce métier parce qu'il y a un moment où on commence vraiment à savoir si l'ensemble des éléments clés fonctionnent. C'est-à-dire que forcément on pense à la musique d'un côté, à la lumière de l'autre, au costume, à l'histoire, à la scéno. Et en fait, c'est à ce moment où toutes ces pièces du puzzle s'assemblent pendant les premiers filages, les premières répétitions. Et là c'est assez galvanisant parce que clairement on voit rapidement si on s'est planté ou pas, il reste très peu de temps pour corriger le tir, et moi c'est un des moments dans la construction des spectacles qui m'excite le plus, qui me galvanise le plus et que j'adore.
Mirabelle - Et justement, dans le brief que tu as par rapport à un parc, il parle déjà d'émotions, de ce qu'il va le faire ressentir au public. Ça fait déjà partie du cahier des charges ou c'est toi, justement, à partir de l'histoire, qui dis, ce sera plutôt pour tel public, pour la famille, pour, je ne sais pas, les adolescents et on sera plutôt dans l'humour ou faire peur. Comment il choisit cette direction ? À quel moment ?
Hervé - Alors, effectivement, tout... Tout est dans le cahier des charges au départ, à l'exception de quelle émotion tu veux faire vivre. C'est-à-dire que ça dépend déjà de ta période. À Halloween ou en saison, tu ne vas pas vouloir faire vivre les mêmes émotions comme à Noël. Déjà, ça te dit grosso modo dans quel univers et dans quelle émotion tu vas aller. En saison, tu vas éviter d'aller sur de la tristesse. L'objectif, c'est d'immerger les gens dans un autre univers et de leur faire vivre quelque chose de plutôt joyeux. Mais dès le départ, on se dit quand même, qu'est-ce que je pourrais prendre comme exemple ? Dans le cas des plongeants de l'Olympe, on se dit qu'il faut que ce soit un spectacle de 25 minutes avec de la performance, quelque chose qui capte l'attention des visiteurs, quelque chose qui soit drôle, qui soit dans l'univers gaulois, avec des musiques qui soulignent la performance, qui sont plutôt très épiques. Et on doit en prendre plein les yeux. Déjà, tu sais un petit peu, tu as ton cahier des charges avec ces éléments-là. Après, on n'écrit pas sur le papier. Le visiteur doit avoir une montée. de cœur quand il voit le plongeur sauter du 25 mètres, non, ça c'est à moi de le faire ressentir, c'est à moi de le travailler avec l'équipe, tu ne fais jamais ça tout seul j'insiste jamais assez là-dessus pour que tu aies une montée crescendo jusqu'au moment où le mec va plonger de 25 mètres et que tu attends avec adrénaline ce moment et que tu aies un climax à ce moment-là.
Pauline - Justement, comme tu disais, à travers l'art vivant, on cherche à provoquer des émotions fortes, etc. Et il y a une vraie puissance émotionnelle avec le live. Et c'est aussi là que la thématisation prend tout son sens pour offrir une expérience immersive et mémorable, comme tu l'as si bien illustré, justement avec les plongeons de l'Olympe du parc Astérix. Mais au-delà des émotions, il y a effectivement aussi ce parcours visiteur. Et le rôle de ces spectacles ne s'arrête pas là. Ils ne se contentent pas non plus. que de divertir. Alors, la question, c'est est-ce que tu peux nous en dire plus sur comment un spectacle, comme C'est du délire ou comme Les plongeons de l'Olympe, comment ces spectacles-là influent sur le parcours visiteur ?
Hervé - En fait, on part d'un postulat qui est très simple. Et je vais prendre, évidemment, le parc Astérix, pour exemple, où j'ai beaucoup travaillé. Si tu ne mets que des attractions qui ont des expériences de deux à cinq minutes, ton parc, il est saturé de files d'attente. L'objectif... avec les spectacles, c'est d'aller proposer une expérience qui sera plus longue. En général, le format 20 à 30 minutes, c'est un format qui est maximum. Pourquoi ? Parce que les visiteurs sont quand même dans un contrôle à montre et l'objectif, c'est qu'ils fassent 10 à 12 expériences dans leur journée pour une journée idéale. Mais du coup, ces spectacles vont être mis pour des raisons précises. Effectivement, tu as la gestion de l'attente. À titre indicatif, les plongeaons de l'Olympe, c'est 3000 places. Quand tu joues... quatre présentations par jour, c'est 15 à 20 minutes d'attente en moins sur toutes les files d'attente des majeurs. Et forcément, c'est 12 000 sièges proposés. Donc c'est quand même, dans une journée, plus de la moitié des visiteurs qui ont une activité supplémentaire. Donc c'est important. C'est vraiment ce côté gestion des files d'attente, c'est un des éléments clés. Mais pas que. J'ai quand même la prétention de me dire que je ne fais pas que des spectacles pour gérer l'attente.
Pauline - Et la fluidité du parcours.
Hervé - Et la fluidité du parcours. Mais c'est aussi proposer un élément et une expérience pour tous. Parce que quand tu vis des sensations fortes, Toutatis, toute la famille ne le fait pas. De plus en plus, les zones dans les parcs d'attraction sont pensées, je pense aussi à la zone Toutatis, pour qu'on ait une expérience très jeune publique. On a une aire de jeu comme le Sanglier d'Or. Une expérience un peu plus familiale. avec un coaster qui est un peu plus familial, et on a un coaster qui est un peu plus vivant, qui lui est Toutatis. Mais pour vraiment avoir un moment tous ensemble, les spectacles, ça contribue. C'est aussi pour ça qu'on évite vraiment de faire du spectacle qui est uniquement très jeune public et qu'on donne, comme dans C'est du délire, deux degrés de lecture. Un premier degré pour les enfants et les ados, et encore les ados sont déjà cultivés au second degré, et un second degré, en tout cas, pour les adultes. Tout le monde passe un bon moment.
Mirabelle - Tu as aussi les adultes qui n'aiment pas les sensations fortes, qui vont au parc pour accompagner la famille, qui ne sont pas Toutatis, ce n'est pas leur tasse de thé, et qui eux aussi, ça leur permet de faire une attraction sans... sans avoir peur et en s'amusant.
Hervé - Exactement. Mes potes, ils me disent Ah non, mais moi, je ne vais pas chez Parc Astérix. C'est sûr, je vais passer une mauvaise journée. Il n'y a que des coasters. Je dis Ah non, mais alors, ce n'est pas à moi que tu vas dire ça. Je te fais une journée de spectacle. Tu vas passer une bonne journée. Viens avec moi. Et alors, je peux vous dire que j'ai du 100%. Ils ressortent ravis à chaque fois. Et si je dois terminer sur ta question, le fait d'avoir cette diversité, le fait d'emmener les gens dans un autre univers, les spectacles, j'estime qu'ils ont... ont aussi un impact sur la satisfaction visiteur. On n'a pas les mêmes objectifs quand on traite un spectacle en salle. Comme je le disais, c'est parfois un moment où on est au chaud quand il fait froid l'hiver ou à l'inverse, climatisé en été, on passe un bon moment. Mais c'est aussi dans les allées, aller créer de la vie et de l'animation. Les patrouilles qui sont dans les allées, les parades qui sont dans les parcs, tout ça, ça contribue à avoir un impact sur la satisfaction visiteur. Et c'est important. Mais d'ailleurs, toute la programmation, elle est calculée pour que ça se passe bien, justement. Et qu'il y ait un bon enchaînement avec des choses qui ne sont pas faites au hasard dans les parcs d'attraction, dans la programmation des spectacles.
Pauline - Ouais, tu veux dire dans les horaires, etc., par exemple ?
Hervé - Exactement. C'est-à-dire que le défi des Gaulois, il est à 16h pour que tu fasses une pause dans ta journée, que tu ailles acheter une gaufre au Nutella et que tu fasses un petit tour dans les boutiques. Tu vois ce que je veux dire ?
Pauline - Et à 16h parce que tu commences à avoir les jambes un petit peu dures, d'avoir marché autant, etc. Tu as bien envie aussi de te reposer un peu devant un spectacle et te divertir à moindre effort.
Hervé - Exactement. Ou alors, quand on met un défilé des monstres à la clôture du parc, l'objectif, il va du parc vers la sortie pour drainer tout le monde vers la sortie. Et là, tu vois qu'il y a une marée humaine qui suit le défilé. Donc tout ça, c'est autant d'éléments qui contribuent à... fluidifier la visite et en tout cas les horaires qu'on utilise sont faits pour diversifier l'expérience. Par exemple, quand un spectacle des plongeons de l'Olympe finit, juste en face il y a la salle du théâtre de Panoramix qui commence pour qu'on puisse, dans les 3000 visiteurs, récupérer suffisamment de monde pour qu'ils enchaînent et qu'en moins d'une heure ils aient fait deux spectacles ou deux expériences consécutives. Notre objectif toujours c'est que tu aies pu faire autour d'une dizaine d'expériences. dans un parc dans la journée. Le ratio est beaucoup plus faible chez Disney, par exemple, où ils sont autour de 6-7 expériences. C'est vrai que chez Parc Astérix, on a la possibilité d'en faire plus. Et c'est un truc que je trouvais vraiment sympa.
Mirabelle - Et du coup, justement, sur le rôle aussi de toute la thématisation avec les spectacles, je pense notamment aux parades. Elles changent régulièrement pour s'adapter justement au moment, à la saison. Et c'est un vrai levier, j'imagine, pour inciter à la revisite. Je ne sais pas s'il y a différents types comme ça de spectacles, avec différents objectifs, entre guillemets, dans un parc pour améliorer ce parcours visiteur au global.
Hervé - À la base, la saisonnalisation a été créée pour amener une urgence de visite. Halloween a été développé il y a une dizaine d'années, puisque dans les parcs d'attraction, c'était une période où il n'y avait personne. Il n'y avait pas grand monde. Et c'est comme ça qu'on a ramené ce côté un peu américain dans les parcs. C'est devenu... aujourd'hui la période la plus visitée des parcs. Chez Parc Astérix, c'est plus de 500 000 visiteurs en 30 jours.
Mirabelle - C'était booké là, la peur sur le parc. Les nocturnes, elles étaient complètes tous les soirs.
Hervé - On a commencé à 4 nocturnes au Parc Astérix. Ils sont désormais à 9, je crois, 8 ou 9, si je ne dis pas de bêtises. Et à chaque fois, ils sont sold out. Donc c'est vraiment que le message envoyé, c'est venez à Halloween. Pendant cette période, Vous avez des spectacles exclusifs uniquement sur cette période. Donc, si vous voulez le voir, vous devez le voir à ce moment-là et ce sera différent de votre visite de l'été. C'est pour ça qu'il y a un produit qui est développé uniquement pour ça, les maisons hantées. On en a au parc Astérix de mémoire 5 actuellement. Donc, il y a une grosse politique de renouvellement des maisons hantées aussi pour que les visiteurs aient envie de revenir. Et il y a aussi des spectacles et des formules de rue qui contribuent à cette expérience. Toujours ce mix entre ce qu'on appelle les scare zones et les maisons hantées. Parce que si tu n'as pas l'envie ou si tu as trop peur pour aller dans les maisons hantées, tu as toujours cette expérience dans les rues. L'expérience, elle va être différente en fonction des parcs. On fait vivre aussi les rues parce que certains parcs font des maisons payantes avec un billet supplémentaire pour aller dans chacune d'entre elles. Et du coup, si tu viens en famille et que tu as déjà ton billet d'entrée pour entrer dans le parc, mais pas forcément le budget pour aller dans les maisons hantées, tu as quand même... une ambiance Halloween qui en général est plutôt familiable dans les allées et quand tu veux pousser le curseur et pousser le niveau d'adrénaline et de peur, là tu fais les maisons.
Mirabelle - Du coup il y en a pour tous les goûts !
Hervé - Il y en a pour tous les goûts. Et l'objectif, pour revenir à ta question, c'est effectivement la saisonnalité. L'objectif, c'est de créer l'urgence de visite. Donc, tu as majoritairement trois périodes qui se sont développées, saison, Halloween et Noël. Et c'est pour ça que moi, j'aime à dire que février, mars, avril, on n'a pas encore trouvé la bonne proposition dans les parts. Et une fois qu'on l'aura trouvée, elle se développera, c'est sûr, pour développer et booster cette avant-saison.
Mirabelle - Donc, ce que tu mets en avant, c'est que les spectacles permettent ce renouvellement. Il y a le storytelling, mais il y a quand même un renouvellement dans le storytelling au cours de l'année.
Hervé - Oui, et en plus, les spectacles, c'est vraiment la possibilité de changer à coup maîtrisé. C'est-à-dire qu'une attraction, c'est en millions qu'on compte les éléments. Je ne donnerai pas de chiffres, mais une formule de patrouille ou... une maison hantée, on va être sur du 500 000 euros en fonction des parcs, voire un peu plus dans d'autres, ça peut monter jusqu'à 800 000, mais pour créer une expérience, c'est un budget important comme ça vu de l'extérieur, mais versus toute une zone Toutatis qui est à 35 millions, ça n'a rien à voir en fait. Donc vraiment, je trouve que le spectacle, c'est la possibilité de renouveler régulièrement et surtout le spectacle quand ça ne marche pas comme tu veux dès le départ. tu as la possibilité de le faire évoluer. Ton rail, une fois qu'il est posé, il fera vivre tout le temps la même sensation. La qualité de ton spectacle, elle peut évoluer et tu peux t'adapter en fonction de ton public. C'est pour ça que, comme le bon vin, le spectacle, il évolue bien avec le temps et en général, plus tu captes les réactions du visiteur, plus tu fais évoluer ton spectacle dans cette veine. Le parc Astérix a la possibilité de le faire puisqu'il a en interne des metteurs en scène, des chorégraphes, à la différence parfois d'autres parcs qui achètent des clés en main et qui n'ont pas la possibilité de le faire évoluer. Et là, petite pause publicitaire, c'est toujours pour ça que Live Show Factory existe et que du coup, on peut accompagner les parcs pour justement faire évoluer leur spectacle.
Pauline - Des spectacles vivants. C'est ça aussi.
Hervé - Des spectacles vivants, exactement.
Pauline - C'est le spectacle vivant qui est mouvant. Le spectacle vivant, il peut se diversifier aussi bien dans les rues, comme tu le disais, dans la saisonnalité et s'adapter, comme tu disais, en fonction de... en fonction des résultats, des performances et des émotions qui sont traduites, des retours des visiteurs, si on arrête un petit peu le côté marketing, mais qu'on garde la partie satisfaction du visiteur. Tu as des retours réguliers de la part de la publique, et ça te permet justement d'ajuster. Vous êtes capable de ça d'ailleurs ? Est-ce que c'est quelque chose que vous faisiez, d'ajuster un petit peu en fonction des retours des visiteurs, le spectacle du coup vivant, comme C'est du délire par exemple ?
Hervé - Alors oui, ça arrive, mais je vais te prendre un autre exemple, que C'est du délire, parce que j'en ai un autre qui me vient en tête. On a sorti le Tombeau des Dieux, qui est une maison hantée. A la base, elle était plutôt scénographique et contemplative, c'est-à-dire que c'était un parcours dans lequel tu profitais vraiment de la scéno. Et on avait du mal à identifier les moments où le visiteur va vraiment avoir peur. On a vu toute une saison les moments et les possibilités de faire vraiment peur aux gens. Je l'ai refaite cette année. alors que je n'étais plus au parc. Et les équipes avaient vraiment boosté le niveau de peur, je trouve, pour trouver les bons moments pour attaquer, pour créer et changer un petit peu les lumières parfois, pour tamiser à certains endroits et qu'on ait vraiment des zones de peur qui se créent. Et je trouve qu'ils ont fait un super boulot parce que le niveau de peur est remonté. Et je trouve ça top.
Mirabelle - Et c'est aussi ce qu'ont recherché les gens, les visiteurs, je veux dire, qui vont dans ces maisons. Ils ont envie d'avoir peur. Donc c'est vrai, d'avoir pu adapter, de renforcer ce côté frisson et peur. ça peut aussi pousser, j'imagine, à la revisite de certains visiteurs.
Hervé - Exactement, et puis ça n'a pas coûté énormément, puisque c'est juste de la mise en scène et du jeu d'acteur en modification.
Mirabelle - On vient de parler de l'importance stratégique des spectacles, que ce soit dans la gestion du flux ou dans la satisfaction globale des visiteurs. C'est vrai qu'au cœur de tout cela, l'important, ça reste l'émotion pour les visiteurs. Mais pour toi, du coup, Hervé, je me demandais quel type d'émotion tu cherches à faire vivre aux visiteurs ou aux spectateurs dans les sites de loisirs et culturels ?
Hervé - Je crois que depuis toujours, mon objectif, et je crois que je l'ai dit aussi au début, c'est de pouvoir mettre des étoiles dans les yeux des visiteurs. Et je t'avoue qu'en particulier des enfants, c'est-à-dire que quand je les vois émerveillés, devant le passage du défilé, quand ils voient les héros de la bande dessinée prendre vie sous leurs yeux, je me dis que c'est quand même magique. Alors, on a les enfants, mais j'ai découvert aussi que ça marchait aussi sur les ados et les jeunes adultes, puisque je travaille aussi pour Play2, qui est le label musique de TF1. J'ai la chance d'être directeur de production sur la tournée de Daju et Tayk. Chaque soir où on est en tournée dans un zénith, on est entre 10 000 et 15 000 personnes. On a majoritairement des ados et des jeunes adultes, entre, je dirais, 15 et 25 ans. Et le fait de les voir tous en communion, tous ensemble, faire la fête, sauter tous ensemble au même son de parole, je trouve ça... assez magique de pouvoir créer des moments où tu oublies complètement ton quotidien et où tu viens rêver et te couper des difficultés. Je trouve que notre société, elle est quand même assez... On est saturé en tout cas par l'actualité, par une actualité qui n'est jamais très positive et ce que j'aime, c'est me dire allez, vas-y, le temps où on te fait vivre cette expérience, on te coupe et on te met dans un élément positif, dans une dynamique positive où tu vas passer un beau moment et tu vas ressortir avec le smile. C'est pour ça que les propositions que je fais, elles sont en général plutôt festives et que je suis difficilement ou rarement, je n'ai pas fait de tragédie encore. Je me garde ça pour plus tard, mais c'est très associé à des émotions positives. Je pense que c'est un trait de caractère de comment je suis aussi, parce que quand je vois mes potes qui vont moins bien, j'adore trouver un moyen de leur redonner le sourire. Et quelque part, je crois que c'est ce type d'émotion que je cherche à faire passer dans les créations que je fais. C'est... Comment je peux te donner la banane ? Comment je peux te donner le smile ? C'est mon moteur.
Pauline - Ça se ressent quand même dans ce que tu racontes. On n'invite que des passionés dans ce podcast. Mais là, on ressent bien la passion pour ton métier, pour ce que tu fais, ce que tu souhaites proposer aux spectateurs. Il ne fait nul doute que c'est le genre d'émotion que tu veux transmettre dans ce que tu crées comme spectacle. En tout cas, nous, on l'a bien vécu aussi sur C'est du délire. Et j'imagine que sur d'autres projets, c'est clairement l'idée.
Mirabelle - Les plongeons de l'Olympe aussi, c'est rigolo.
Hervé - C'est du délire, c'est survitaminé parce que tu as 30 minutes pour faire une comédie musicale complète avec un arc narratif précis où ça chante, ça danse et ça joue la comédie. C'est un véritable challenge. C'est pour ça que tu n'as pas le temps de respirer et bim, les 30 minutes sont passées.
Pauline - Alors, une petite dernière question avant de se quitter. Quand on voit le succès des parcs comme le Puy-du-Fou, tu as parlé du Futuroscope, tu as parlé du parc Astérix. Parlons aussi du Puy-du-Fou qui est quand même dans le trio de tête, si on met de côté Disney, des parcs français. Dans ce cas-là, tu vois, il y a la professionnalisation des shows ou encore des innovations autour des spectacles de drones, par exemple, pour d'autres acteurs qui évoluent sur cette partie-là. Est-ce que tu penses que dans le futur, ou même déjà aujourd'hui, il y a une part des visiteurs qui viendraient visiter ces parcs-là ? uniquement ou en tout cas en priorisant les spectacles, même avant les attractions, par exemple ?
Hervé - Alors, ça dépend des parcs, mais en tout cas, c'est un véritable tour de force qu'a fait le Puy du Fou. Et je trouve que c'est vraiment admirable de se dire qu'ils ont construit un univers autour des spectacles. Et si tu veux, à longueur d'année, depuis que je suis dans les parcs, j'entends toujours les spectacles, les gars, c'est second plan. Faisons d'abord une belle attraction. T'es gentil, Hervé, mais ils ne viennent pas pour tes spectacles, ils viennent pour les attractions. Ben, regarde au Puy du Fou, mon gars. parce qu'ils viennent en priorité pour les spectacles vu qu'il n'y a majoritairement que ça. Par contre, tu viens pour un spectacle et il est attractif si tu vois quelque chose que tu ne vois pas ailleurs. Si tu vis une expérience que tu n'as pas encore imaginée ou vécue, donc ça correspond quand même à des investissements qui sont assez importants. Les investissements des spectacles du Puy du Fou correspondent aux investissements des attractions des parcs type parc Astérix. Et le théâtre qui est une de leurs dernières expériences est une expérience unique que tu ne vois pas ailleurs où la scénographie continue d'évoluer sous tes yeux. Dans chacun des spectacles du Puy du Fou, il y a un effet majeur que tu retiens où tu te dis, j'ai vu ça, c'était là-bas et pas ailleurs. Et je pense que c'est ça qui permet de se dire qu'un spectacle comme ça est unique. Tu t'en rappelles, tu en parles autour de toi. Ce n'est pas encore pas le cas partout, on ne va pas se mentir, mais la saisonnalité ou l'expérience pour laquelle on vient, on vient à Halloween, par exemple, majoritairement pour les spectacles. Les attractions, c'est un plus, mais à cette période, on vient pour les spectacles. Et je crois que c'est une petite fierté personnelle de me dire que les gens viennent dans un parc pour des spectacles. Ça, c'est mon petit kiff personnel. Ce n'est pas toujours le cas, on ne va pas se mentir. Au parc Astérix, on vient encore. majoritairement pour les attractions. Je dirais qu'à Disney, on y va pour une ambiance. Tu y vas pour vivre l'expérience Disney, autant pour... mettre tes oreilles en boutique que pour aller manger une gaufre mitéo Nutella ou te promener dans les rues ou aller faire un spectacle ou une attraction, je mettrais à peu près tout au même niveau et on voit bien qu'en fonction des parcs la hiérarchie elle est un peu différente
Mirabelle - Super intéressant, j'ai bien aimé ce que tu as dit sur justement le fait que les spectacles il faut qu'ils apportent un truc un peu exceptionnel et ça m'a fait penser, pour revenir au début de l'interview aux comédies musicales et notamment Le Roi lion mais aussi moi la dernière que j'ai vue, ça date un peu un peu, mais c'était Retour vers le futur. Je ne sais pas si tu l'as vue.
Hervé- La voiture.
Mirabelle - La voiture, non mais ça, parce que moi, j'aime bien les comédies musicales sans être une fan, mais voilà, entre le Roi Lion les costumes, tout ça, et Retour vers le futur et la voiture, c'est clair que ça m'a vraiment marquée et j'en parle à tout le monde.
Hervé - C'est ça, c'est quelle expérience tu as vue que tu ne verras pas ailleurs qui fera que le bouche à oreille sera productif et arrivera à la conclusion de il faut que j'aille voir ce show. C'est un truc à faire, quoi.
Pauline - On revient sur la notion de durabilité. C'est une des notions qui avait été évoquée par Régis Lambert, le directeur d'exploitation de Vulcania, qui est justement qu'est-ce qu'on va garder en mémoire après une attraction, après une visite dans un parc, après avoir assisté à un spectacle. C'est cette notion mémorable qui aussi transmet l'émotion et qui fait parler aussi le bouche à oreille. Il n'y a pas eu de ressenti émotionnel. quelque part, le cerveau est tellement happé par d'autres informations qu'on va perdre petit à petit ce sentiment-là, ces souvenirs-là. Et ça va petit à petit s'effacer dans les esprits. Et il n'y aura pas cette notion de durabilité et de transmission des émotions au gré de tous les visiteurs. Donc, c'est hyper important de marquer les esprits avec une connexion émotionnelle.
Mirabelle - On est même à la fin de cet épisode. Un grand merci, Hervé, de nous avoir éclairés sur... Sur le rôle central des spectacles vivants dans l'univers des loisirs et sur l'avenir de ces spectacles vivants, on a vu que leur rôle va bien au-delà du divertissement parce qu'ils participent aussi à l'amélioration du parcours aux visiteurs dans son ensemble. Mais ils participent aussi, surtout je trouve, à renouveler aussi le storytelling des parcs, que ce soit avec la saisonnalité ou non. Et du coup, ça joue un rôle stratégique au final pour tout ce qui est la fidélisation des visiteurs et la revisite. Pour conclure, je dirais que quand même au final, comme tu l'as dit, tout repose sur l'émotion. Celle qui fait briller les yeux des visiteurs, que ce soit des plus jeunes et des plus âgés, et puis surtout qui donne envie de revenir.
Hervé - Exactement.
Mirabelle - Merci Hervé.
Hervé - Merci beaucoup à vous les filles.
Pauline - Merci à toi Hervé d'avoir pris ce temps-là pour échanger et partager avec nous et tous nos auditeurs. Merci beaucoup.À bientôt. À bientôt.
Mirabelle - Bye bye. Et voilà, cet épisode est terminé. Si ça vous a plu... Pensez à nous soutenir en donnant plein d'étoiles à notre podcast, ça compte énormément pour nous. Pensez aussi à le partager autour de vous, avec vos proches, vos collègues, ou à quelqu'un à qui vous voulez faire découvrir de belles histoires, car les émotions sont faites pour être partagées. Pour ne rien manquer de l'actualité du podcast et des tendances dans le monde du loisir et de la culture, abonnez-vous à notre newsletter Entre les Lignes. Un immense merci à Hervé Bruneau, fondateur de Live Show Factory, pour sa présence et ses partages inspirants. ainsi qu'à Tribus Echos Productions pour l'univers sonore qui donne vie à chaque épisode. On se retrouve très bientôt pour de nouvelles découvertes et des coulisses toujours plus riches en émotions à imaginer pour nos visiteurs. A très vite !